Le palmarès 2014

La Mairie de Paris, en partenariat avec La Tribune, est fière de vous présenter les lauréats de l’édition 2014 des Trophées de l’économie sociale et solidaire.

Trophées de l’économie sociale et solidaire de la Mairie de Paris 2014

 
8 Initiatives modèles

Les lauréats des Trophées de l’Économie Sociale et Solidaire de l’année 2014, organisés par la Mairie de Paris en partenariat avec La Tribune présentent autant de projets vertueux et plus encore des femmes et des hommes passionnés et engagés. Leurs actions innovantes et responsables apportent des réflexions sinon des réponses aux problématiques de notre société. À l’échelle de leur quartier, de leur secteur d’activité, de leur domaine de compétences, ces entrepreneurs sociaux inventent les leviers d’une économie sociale et solidaire. Par leur créativité et leur conscience collective, ils scellent les modèles et les pratiques d’un monde durable.

Par Hélène Martinez

LE PALMARÈS 2014

Carton Plein

Carton Plein

Antoine Aumonier

Ceux qui ont parcouru les villes chinoises et croisé les hordes de cyclistes, leurs vélos croulant sous le poids de milliers de cartons usagés, le savent. Le recyclage de ces matériaux peut permettre de créer une activité économique. Depuis 2012, l’association Carton Plein déploie ce concept dans la capitale pour fournir un travail rémunéré à des personnes en situation de grande précarité. Allant d’entreprise en entreprise, en triporteurs électriques, ces employés collectent les cartons destinés initialement à la déchèterie et les reconditionnent pour les vendre en seconde main à des particuliers. Le cercle est vertueux, à la fois écologique et solidaire ; chacun y trouve son compte. Dans le centre, installé dans le XVIIIe arrondissement, une dizaine de personnes travaillent en insertion professionnelle. Un second atelier devrait voir le jour dans le sud de la capitale qui devrait permettre la création de 13 emplois dont 3 permanents et 10 contrats en insertion. Si vous êtes une entreprise et souhaitez vous débarrasser de vos cartons (l’enlèvement est gratuit) ou simples particuliers, vous envisagez un déménagement, vous pouvez directement vous connecter sur la boutique en ligne. www.cartonplein.org/boutique/.

Les amis de la Louve

Les amis de la Louve

Tom Boothe et Brian Horihan

En juin 2015, les amis de la Louve vont donner vie au premier supermarché participatif et collaboratif jamais créé en France. L’idée est née dans l’esprit de deux Américains, installés dans la capitale, Tom Boothe et Brian Horihan. Ensemble, ils ont voulu reproduire ce qui se pratique à New York depuis les années 70 au sein de la coopérative Park Slope Food Cop de Brooklyn (qui regroupe plus de 16 000 membres). Le concept ? Ouvrir un magasin, dans le XVIIIème arrondissement de Paris, qui propose des produits frais, issus de l’agriculture raisonnée, d’une qualité exceptionnelle (l’association travaille notamment avec le responsable du Potager du Roi à Versailles, pour le choix des fruits et légumes), à prix bas. Grosso modo, l’anti-thèse du bio aux prix exorbitants. Moyennant 25 euros par an, les particuliers adhèrent à l’association. Chaque membre s’engage à consacrer 2 h 45 de son temps, par mois, de manière bénévole, pour venir en renfort aux quinze salariés qui devraient être engagés. Organisés désormais sous forme de coopérative alimentaire participative, les Amis de la Louve ont récolté 42 000 euros via la plate-forme KissKiss Bank. La Banque Postale a fait de ce projet son coup de cœur de l’année, apportant une contribution de 4000 euros. Résultat, fort d’une mobilisation de 300 habitants du quartier, le groupement d’achat est entré en actions. On a hâte de découvrir.

Colombbus

Colombbus

Benoît Fourestie

L’informatique est un moyen utile pour former, éduquer et ouvrir les voies vers une professionnalisation pour nombre de personnes défavorisées. Après avoir longtemps mené des projets coopératifs à l’international (au Bénin, au Togo et au Venezuela notamment), l’association créée en 2000, a décidé de se recentrer sur la France pour initier des centres informatiques et des formations spécifiques. A Paris, depuis 7 ans, elle anime différents ateliers. Depuis 2013, dans le Xe arrondissement, le « passage numérique », reçoit, dans un lieu ouvert, le public du quartier pour proposer des formations aux outils numériques. Moyennant une cotisation annuelle de 10 euros, l’équipe forme et enseigne comment installer, réparer ses outils informatiques et mettre en œuvre internet. L’atelier Tangara lui initie à la programmation et permet de se familiariser au codage de son propre jeu vidéo alors que l’atelier media citoyen organise chaque mardi et jeudi (de 17 h 30 et 19h) la possibilité d’apprendre à concevoir son propre media sur support papier ou web. C’est un travail d’équipe qui aborde les différentes étapes de la conception à la mise en ligne. Afin de rajeunir son logiciel libre qui permet aux jeunes de programmer, Colombbus vient par ailleurs de lancer une campagne de financement sur Ulule. Depuis 7 ans, déjà 600 jeunes ont découvert le coding. Ce n’est qu’un début. Longue vie à l’association. Pour en savoir plus et faire un don http://fr.ulule.com/tangara-js/.

Emmaüs Connect

Emmaüs Connect

Bertrand Guigon

Les personnes en grande difficulté n’ont pas accès aux opportunités du numérique. C’est en partant de ce constat qu’Emmaüs Connect est né en 2013. Son rôle ? Mettre en place un programme innovant « connexions solidaires » qui propose des offres de télécommunications et des équipements à tarifs solidaires avec un accompagnement pédagogique. Résultat ? 20 % des personnes qui s’inscrivent, accèdent à leur premier portable, grâce à ce programme. Après trois ans d’existence en Ile de France, plus de 3200 personnes ont déjà été aidées et le projet se déploie dans toute la France (à Marseille, Grenoble, Saint Denis et Lyon). Dans la capitale, les trois lieux d’accueil, installés dans les XIIe, XIVe et XIXe arrondissements sont saturés. Chaque mois, plus de 150 nouvelles personnes souhaitent bénéficier de ces services. 27 emplois dont 14 en contrat unique d’insertion (CUI) et contrat d’accompagnement à l’emploi (CAE) ont été créés. Le prochain objectif de l’association est d’ouvrir un nouveau lieu à Paris pour pouvoir répondre aux besoins grandissants et ainsi réduire les délais d’attente d’une population en grande détresse qui est en demande de lien social et de réinsertion.

Coopérative Hasard Ludique

Coopérative Hasard Ludique

Vincent Merlet

Pour la petite histoire, ce lieu unique devra son ouverture au hasard et à la passion de trois habitants du 18ème arrondissement (Flavie, Céline et Vincent) qui fantasmaient en flânant devant l’ancienne gare désaffectée de Saint Ouen qui avait été mise en service en 1863 sur la ligne de la petite ceinture. En juillet 2013, leur enthousiasme et leur persévérance ont remporté la mise ; ils ont réussi à décrocher l’appel d’offre lancé par la Mairie de Paris pour réhabiliter cet endroit. Leur objectif ? Métamorphoser l’ancienne gare en lieu culturel de proximité. Résultat ? Le Hasard ludique veut initier 18 emplois en 2015. Le projet ? Associer une salle de spectacles, un atelier de pratiques artistiques collectives, destiné en priorités aux associations du quartier et ouvrir un bistrot gourmand (250 places avec une terrasse). Au programme, de ce lieu interculturel, qui se veut être une maison ouverte à tous, 300 événements à l’année, dont 50 spectacles pour le jeune public, 150 concerts de musique actuelle, 100 soirées et événements thématiques et plus de 450 cours et workshops créatifs. Le pari est ambitieux. Le Hasard Ludique veut accueillir 120 000 personnes, avec une ouverture du lieu 6 jours sur 7 (du mardi au dimanche).

Veni Verdi

Veni Verdi

Joël Riandey

Cette association loi 1901 a pour vocation de créer dans Paris, grâce à des bénévoles, des jardins de plein sol et sur les toits. Après la première implantation d’un jardin dans une école élémentaire dans le XXème arrondissement en 2011, rue de Lesseps, l’association multiplie les actions en milieu scolaire (comme sur le toit du collège Matisse et celui du collège Pierre Mendes France), mais aussi au bas des immeubles et sur les toits de bâtiments privés ou publics de la capitale. Veni Verdi s’est donnée pour mission d’installer des agriculteurs en ville pour produire des céréales, des fruits et légumes. L’objectif à terme vise à expérimenter et démontrer qu’il est possible de mettre en œuvre un système économique global, local et viable et de donner vie à un pôle artisanal. Déjà un premier salarié a été recruté. Plus de 4000 m de surfaces exploitables font l’objet d’études et de nouveaux projets. Enfants, parents, enseignants et habitants du quartier sont parties prenantes dans l’association. Et ca marche ? Pour vous en convaincre, rendez-vous tous les mercredis au café Jeux Natema (39 rue des Orteaux 75020 Paris) de 11h30 à 13h30 où l’association vend les légumes et les fruits de ses récoltes.

La Cravate solidaire

La Cravate solidaire

Jacques-Henri Strubel

L’habit ne fait pas le moine, mais, dans une époque où le look compte pour beaucoup, arriver vêtu correctement à un entretien d’embauche est une condition sine qua non pour décrocher un emploi. L’association La Cravate Solidaire est née en 2012 pour répondre aux besoins des demandeurs d’emploi ou futurs stagiaires, les plus démunis. Résultat ? Elle collecte des vêtements professionnels auprès de salariés en entreprise et les met à disposition des nécessiteux. L’idée est née d’un brainstorming entre trois étudiants dont deux d’entre eux sont encore aujourd’hui en service civique. L’initiative rencontre un tel succès que déjà, deux postes à temps plein ont pu être créés. In fine, l’objectif vise à soutenir plus de 500 demandeurs d’emploi et mobiliser une centaine de bénévoles pour développer cette activité dont le champ d’action ne peut se limiter à Paris, tant la demande est grande. Si vous souhaitez apporter votre aide, donner des vêtements, devenir bénévole ou bénéficier de leurs services, la mise en relation est simple, contacter l’association sur leur site : lacravatesolidaire.org

Citoyennes interculturelles de Paris 20

Citoyennes interculturelles de Paris 20

Bachira Tirecht

A Belleville, au cœur du quartier politique de la Ville des Amandiers, des femmes ont décidé de se regrouper en association pour créer un restaurant traiteur interculturel. En tout, depuis 2010, elles sont une quinzaine originaires d’Iran, de Chine, de Colombie et d’Afrique centrale. A l’origine du projet, ce qui les a motivé ? La discrimination qui leur est faite en tant qu’immigré, femme de surcroit, avec peu ou pas de qualification, et souvent en situation de précarité, élevant seules leurs enfants. D’où l’idée de s’unir pour créer ensemble une activité de restauration. Au menu à la fois, des plats cuisinés qui reflètent la diversité culturelle du quartier (soupe d’automne au jus de gingembre, shorba concocté dans la pure tradition indienne…) avec livraison et organisation de buffets pour des entreprises ou à l’occasion d’événements, mais aussi des animations locales. L’objectif de l’association vise à ouvrir un local spécifique. Le projet est soutenu par la Mairie de Paris et ses services (comme l’ADEL qui chapeaute le programme) et devrait se concrétiser dans le courant de l’année prochaine. A la clef, 3 à 4 emplois seront créés. La Fondation Vinci a d’ores et déjà annoncé qu’elle soutiendrait le projet à hauteur de 20 000 euros pour le cofinancement des travaux d’aménagement de la cuisine (installation électrique, plomberie et peinture).

Logo latribune
Logo facebook
Logo twitter
Logo google +
Logo google +