Le palmarès 2013

La Mairie de Paris, en partenariat avec La Tribune, est fière de vous présenter les lauréats de l’édition 2013 des Trophées de l’économie sociale et solidaire.

Trophées de l’économie sociale et solidaire de la Mairie de Paris 2013

 
11 Initiatives modèles

Les onze lauréats des Trophées de l’Économie Sociale et Solidaire de l’année 2013, organisés par la Mairie de Paris en partenariat avec La Tribune présentent autant de projets vertueux et plus encore des femmes et des hommes passionnés et engagés. Leurs actions innovantes et responsables apportent des réflexions sinon des réponses aux problématiques de notre société. À l’échelle de leur quartier, de leur secteur d’activité, de leur domaine de compétences, ces entrepreneurs sociaux inventent les leviers d’une économie sociale et solidaire. Par leur créativité et leur conscience collective, ils scellent les modèles et les pratiques d’un monde durable.

Par Hélène Martinez

LE PALMARÈS 2013

Alinea

Association Alinea

“Créer du lien social”

Au cœur du quartier Petit, îlot d’habitats populaires du 19ème arrondissement de Paris, Alinea œuvre depuis 15 ans pour une dynamique positive par le biais d’actions collectives sociales, éducatives et culturelles. En collaboration avec le centre social J2P, l’association s’investit dans l’accompagnement de projets professionnels des jeunes femmes du quartier, notamment avec la création d’ateliers de coiffure afro. Alinea essaime son engagement dans le nord-ouest parisien à travers des événements ponctuels (distribution de légumes, animations éducatives). En février 2012, Alinea ouvre son épicerie solidaire “La Grosse Patate”. Travailleur social bénévole, Joël Cacciaguerra conduit et anime ce projet avec ferveur. “Nous créons du lien social par la vente et la promotion de produits issus de l’agriculture raisonnée et de l’artisanat. Alinea repose sur la mutualisation et l’hybridation des ressources. Nous adaptons parfois nos tarifs pour permettre à chacun d’offrir à ses enfants des aliments de qualité. C’est aussi un lieu d’échange et de créations”. Afin d’assurer la pérennité de la boutique et de continuer à contribuer à une économie locale, Alinea a pour objectif de créer un poste en CDI à temps partiel dédié à la gestion.

Ateliers Natema

Les ateliers de natema

“Favoriser les rencontres de quartier”

Dans le 20ème arrondissement, on peut désormais boire les jus de fruits fournis par “La Grosse Patate” autour d’un jeu aux Ateliers de Natema. Ce projet dont Joël Cacciaguerra a longtemps été le tuteur est né de l’initiative de deux jeunes mamans. En 2005, Emmanuelle et Nathalie souhaitent reprendre une activité professionnelle et s’investir dans la vie du quartier Réunion où elles vivent. Bénévoles puis salariées de leur association, les deux femmes ont lancé les Ateliers Natema dans le but de favoriser la rencontre entre les différentes populations de leur quartier à l’occasion d’ateliers artistiques et culturels. Nomade jusqu’en octobre 2013, l’association a désormais son propre espace dans l’éco-quartier Fréquel-Fontarabie. À la fois ludothèque, café et restaurant, plusieurs dizaines de personnes fréquentent ce lieu chaque jour. Des collégiens qui viennent faire leur devoirs aux personnes âgées de la résidence adjacente, toutes les générations se confondent. Dans l’avenir, Emmanuelle et Nathalie espèrent développer des activités éducatives péri-scolaires et accueillir une cantine de qualité pour les écoles primaires du quartier.

Unitti75

emploi & interim (unitti 75)

“Non à la mise à l’écart des handicapés”

Voilà vingt ans que UNRIH75 agit pour l’insertion et la réinsertion professionnelle des personnes en situation de handicap. Avec son concours, 3300 personnes handicapées ont accédé à un emploi en 2010. Sous l’égide de cette association, la société Emploi et Intérim UNITTI75 voit le jour en novembre 2012. La nouvelle structure s’adresse à un public plus large, éligible à un parcours d’insertion. Franck Seurin, directeur général, et Alain Frouard, PDG, souhaitent désormais étendre l’embauche à des secteurs d’activité plus variés. Actuellement, 90 % des recrutements se font dans le bâtiment. En février 2013, UNITTI 75 obtient l’agrément d’Entreprise de Travail Temporaire d’Insertion (ETTI) par la DIRRECT 75. À la faveur de la longue expérience d’UNRIH dans la médiation entre demandeurs d’emploi et employeurs, les dirigeants d’UNITTI75 poursuivent l’objectif de permettre à 300 personnes de retrouver un emploi à la suite d’une période de travail temporaire, sorte de tremplin.

Extramuros

extramuros

“Quand culture rime avec écologie”

Indignées par le gâchis et habitées par cette même conviction d’un mode de consommation alternatif, l’équipe de l’association Extramuros, participe elle aussi à une économie sociale et solidaire sur fond d’écologie. Les artistes Isabelle Pujade et Rosanna del Prete partagent une passion commune pour les matériaux de récupération, une source d’inspiration inestimable. Jean-François Connan, responsable de la filière Responsabilité et Innovation Sociale d’Adecco, apporte au projet environnemental une dimension sociale, via l’insertion professionnelle. Ensemble, ils fondent une entreprise créative en 2008 de fabrication de mobilier d’entreprise à partir de matériaux de récupération. Extramuros redonne vie aux objets devenus obsolètes et sensibilise ainsi à la revalorisation. Récemment implantée entre le quartier sensible de la cité Bonnier et Ménilmontant, l’association conduit un projet d’ateliers participatifs et de chantiers éducatifs sur le développement durable et le potentiel créatif des encombrants, accessible au plus grand nombre. Les équipes d’Extramuros y encadrent des clubs de prévention pour les jeunes déscolarisés. “Durant une semaine, ces jeunes découvrent le monde de l’entreprise, les métiers “verts” et participent à l’embellissement de leur quartier par la création d’équipements collectifs” explique Hélène Gounot, porteuse du projet.

Mezzanine Admin

mezzanine admin

“Mutualiser les acteurs culturels”

En 2010, trois entreprises culturelles font face au même besoin d’une gestion administrative et comptable suivie et pérenne. Matthieu Bompoint (Mezzanine Films) et sa sœur Juliette Bompoint (Mezzanine Spectacles) décident alors de mutualiser ces services et moyens et fondent en 2012 le “groupement d’employeurs culturels” Mezzanine Admin. Depuis, une équipe de six intervenants administratifs permanents partagent leur temps entre les quarante structures adhérentes, sociétés de production de cinéma et associations du spectacle vivant. Cette initiative collective a permis à des personnes éloignées de l’emploi ou en reconversion d’être formées et de participer à un modèle économique innovant. Mezzanine Admin apporte une solution à la crise du secteur culturel et a vocation a soutenir la création. Pour son fondateur, “l’association sert réellement aux structures et plus encore aux personnes qu’elle emploie”.

La Petite Rockette

la petite rockette

“Non au gaspillage”

Toujours dans l’est parisien, La Petite Rockette vient d’investir un nouvel espace rue du Chemin vert, où s’inventent quotidiennement des alternatives artistiques, culturelles, économiques, sociales et écologiques. Cette « ressourcerie », agréée Jeunesse et Éducation Populaire (JEP), s’implique dans la gestion des déchets et le reconditionnement des objets. Plate-forme citoyenne de collecte et magasin solidaire, La Petite Rockette est aussi un espace de création et d’éducation à l’environnement et aux pratiques artistiques. Dans une ambiance conviviale et participative, Delphine Terlizzi et Dimitri Callens mettent en place des ateliers de peinture et des cours de couture destinés à sensibiliser petits et grands au recyclage. Ils prévoient également d’organiser de multiples actions éco-citoyennes telles que des vide-greniers et fêtes de quartier. Un atelier de réparation de vélo, le “café-repair” est en projet.

la reserve des arts

la reserve des arts

“Les bienfaits de l’Upcycling”

Également inscrite dans la tendance de l’upcycling (transformation des matériaux récupérés), la Réserve des Arts, en revanche, n’est pas une ressourcerie traditionnelle. L’association collecte les matériaux mis au rebus par quatre entreprises partenaires des secteurs du luxe, du bricolage et de l’événementiel, à raison de 24 tonnes de déchets par an. Des “valoristes” sélectionnent et trient ses déchets avant de les mettre en vente dans la boutique implantée dans une Zone Urbaine Sensible du 14ème arrondissements. Les adhérents à la Réserve des arts - artistes, créatifs, acteurs du secteur culturel - peuvent ainsi acheter à moindre coût la matière première de leurs créations. L’association sensibilise ainsi les sociétés à qui elle fournit des bilans sur le flux de leurs déchets ainsi que les bénéficiaires à la revalorisation des matériaux en surplus. Prochaine étape pour la Réserve des arts, l’ouverture d’une antenne dans le nord parisien à proximité des studios de tournage. Régisseurs, scénographes, ateliers de décor auront à leur disposition des matériaux bruts et des machines au sein d’un atelier. Pour Sandrine Andreini, directrice, “il n’y aura donc plus de barrière au réemploi et plus de limite à la créativité pour cette nouvelle cible”. Enfin, selon elle, “l’écologie est une révolution culturelle !”

RezoSocial

rezosocial

“Contre l’exclusion”

Autre initiative liée à l’emploi, celle d’Idriss Bennani et Pierre Deleforge. Tous deux sont des professionnels de l’informatique, ils ont fait de leur domaine de prédilection un vecteur d’intégration. RézoSocial, créée en juillet 2013, met son activité de maintenance de parcs informatiques, d’assistance technologique et de développement de logiciels au service d’une dynamique d’insertion. Agréée “Entreprise d’insertion”, RézoSocial garantit la prise en charge de formations et d’accompagnements socio-professionnels pour les personnes éloignées de l’emploi, chômeurs de longue durée, seniors ayant mené une carrière dans l’informatique et autres jeunes sans formation. Aujourd’hui, sept salariés effectuent un parcours de deux ans avant d’être redirigés vers des CDI en entreprise. Idriss et Pierre ont construit ce projet social avec la volonté de sortir ces personnes de l’exclusion pour les guider vers un emploi durable. Collectivités et entreprises de l’ESS constituent leur clientèle. Les fondateurs espèrent doubler, voire tripler, leur effectif d’ici fin 2014. Idriss Bennani en est convaincu, “la maîtrise de compétences techniques et le contact avec les clients favorisent la confiance en soi et revalorisent ces personnes”.

Solidarité Etudiante

solidarite etudiante

“Faciliter la vie estudiantine”

Première SCIC étudiante gérée par des étudiants, Solidarité étudiante a développé une épicerie coopérative au sein de la cité universitaire d’Antony. Aujourd’hui, son équipe entend intervenir sur l’une des plus grandes problématiques du milieu étudiant à Paris : le logement. Lolita Hubert, chargée du développement, livre ce constat : “Il existe de nombreux logements sociaux spacieux types T4 ou T5 dont les loyers restent excessifs pour un foyer. Nous pourrions y réunir plusieurs étudiants en colocation et ainsi palier une forme de précarité.” Solidarité étudiante a la volonté de jouer un rôle d’intermédiaire entre les bailleurs sociaux et les étudiants. Ses membres envisagent de proposer aux colocataires des loyers oscillant entre 350 € et 450 € et de les accompagner dans leurs démarches d’aides au logement. Cette entreprise soutenue par la Mairie de Paris, est encore en phase d’étude et sera prochainement expérimentée sur une sélection de 20 étudiants. En attendant, l’équipe de Solidarité étudiante développent déjà des partenariats avec les acteurs du territoire : banques coopératives et mutualistes, CROUS, CAF et bailleurs sociaux.

Studio Carton

studio carton

“Oui à la récup créative !”

Dans le même esprit, “Ma Ressourcerie” propose des créations artisanales, accessoires et vêtements, réalisés à partir de matériaux de récupération et divers produits collectés. Décoration, petit électroménager, livres... Gérée par l’association Studio Carton et initiée par Evelyne Bouquet, cette boutique associative du 13ème arrondissement organise elle aussi des ateliers de productions invitant le public à forte mixité sociale de cet arrondissement à devenir “consommateur-acteur” et à lutter contre le gaspillage. Il y a 5 ans, Evelyne Bouquet mettait un terme à un poste de cadre dans l’industrie afin de mettre son expérience au service d’une action citoyenne. “Lassée par la standardisation, j’ai pris conscience qu’il nous appartient de consommer autrement en fabriquant soi-même des objets uniques et respectueux de l’environnement”. Passionnée par la création de meubles en carton, Evelyne Bouquet a fait de son loisir un travail bénévole engagé dans la transmission, jusqu’à l’ouverture de ce lieu de vente et de création. Nina Robin, jeune créatrice et styliste fut la première salariée de Studio carton. Elle y dispense des cours de couture et des ateliers de création. L’association embauche des personnes en insertion et a récemment recruté deux contrats aidés.

Transport Challenger

transport challenger

“La réinsertion par l’emploi”

Marc Boitel a co-fondé Transport Challenger dans l’objectif de “démontrer la capacité des personnes sous main de justice à créer de la richesse à s’émanciper à travers un emploi stable”. Avec son associé, Karim Haddouche, ce travailleur social propose un service de transport de personnes en réponse à une double problématique sociale : la réinsertion et la mobilité. Grâce à ce projet opérationnel depuis mai 2013, ils luttent contre la stigmatisation des détenus et ex-détenus. “La population carcérale n’est pas homogène. Parmi les 80 000 personnes en détention chaque année, de nombreux sont aptes à reprendre une vie professionnelle. L’inactivité est souvent source de récidive. Le travail leur redonne confiance en eux” observe Marc Boitel, fort d’une expérience de huit ans dans le secteur socio-judiciaire. L’association et future Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) offre à cette catégorie de personnes, fréquemment exclues, la possibilité de travailler et plus largement de réintégrer la société. Formé à la conduite en milieu urbain, à la relation clientèle et au fait coopératif, un salarié, Nour, est déjà en fonction. Transport Challenger propose ses services aux personnes à mobilité réduite ou dépendante en milieu médico-social et aux salariés de l’ESS. Une démarche fondée sur les valeurs d’équité, de respect et de coopération.

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